Thierry novembre 14, 2013 Pas de commentaire

La FNARS a organisé les et 8 novembre à Valence les Journées du travail social, réunissant chercheurs, professionnels du travail social et personnes accompagnées.

Les modèles évoluent. Nous ne sommes plus dans une société de catégories où se côtoieraient des gens en difficulté et des gens normaux… La vie est un continuum dans lequel évolue des êtres humains fragiles et vulnérables mais aussi résilients. Chacun peut se trouver en situation de fragilité.

De ce continuum né le tout social, il n’existe plus de clivage. Apparaissent alors de nouvelles pratiques, telle la participation : grâce à laquelle entre en scène cet autre qui pourrait être moi ; se mettent en place de nouveaux dispositifs, tels les que les SIAO, le programme « Housing first » ; et émergent de nouveaux questionnements. Tout cela bouscule nos prérequis, interroge nos pratiques, tente de nous faire sortir de nos résistances, repose la question des politiques sociales, des choix de priorisation des financements, de la responsabilité collective et individuelle.

Il semble que cette dernière décennie nous a déposés au bout du bout de notre système. Force est de constater que celui-ci ne fonctionne plus. Aussi nous faut-il regarder au plus près des pratiques sociales. Il nous faut inventer, ne pas oublier que la France est un pays de Solidarité dont le budget alloué est unique au monde. Il nous faut sortir des cases, aller hors les murs, redéfinir l’accompagnement en plaçant la personne au centre de son pouvoir de vie, réaffirmer la citoyenneté, redonner sa place à chacun dans la Cité.

Ces deux journées du travail social ont été riches d’échanges, de questionnements, d’affirmations… le secteur social est bousculé, fragilisé par ces nouvelles précarités, par l’épaisseur et souvent l’illisibilité des différents dispositifs, par le manque de pertinence des réseaux qui empêche la fluidité et la continuité des parcours individuels. Les travailleurs sociaux ne se sentent plus légitimes. Ils demandent des réponses, un soutien des associations, une reconnaissance de leurs missions par les pouvoirs publics. La demande est forte d’être entendu, accompagné et soutenu dans ce que la FNARS nomme « la R-Evolution du travail social ».

Faut-il créer des consultations sociales de proximité ? Affirmant ainsi que l’accompagnement social fait partie intégrante du droit commun ? Faut-il sortir de la logique de contractualisation et ainsi repenser le Aller vers ? Faut-il lier l’intervention sociale à des objectifs de veille et donc de prévention ? Faut-il décloisonner les dispositifs pour que chacun, dans le moment de vie où il se trouve puisse obtenir une réponse adaptée sans être stigmatisé ? Faut-il créer un Droit Opposable à l’accompagnement ?

Faut-il travailler hors les murs afin de remettre cet autre, qui pourrait être moi, au sein de la Cité, dans sa Citoyenneté ? Et ce faisant, apprendre à développer des accompagnements « à la carte », avec une équipe dédiée qui se retirera lorsque ce sera le moment.

Faut-il développer une offre de logement qui se substituerait peu à peu à l’offre actuelle des CHRS ? De plus en plus tendre vers un hébergement qui soit une réponse adaptée et non une réponse par défaut et ainsi permettre que la mise à l’abri redevienne une réponse à l’urgence des situations et non une réponse au manque d’hébergement et de logement.

Nous sommes donc en marche pour une mise en oeuvre de cette R-Evolution du travail social. Et si nous ne sommes pas tous au même endroit dans cette réflexion, il est évident que ce changement profond de nos pratiques et de nos regards sur le champ social doit être issu d’une volonté commune aux acteurs institutionnels et associatifs.

Marie-Josée Moraïes